A la une de notre dernier Quercy Energies Infos un article d'actualité sur la combustion du bois. La Poele de massefilière bois énergie est en effet parfois accusée (à tord) d’aggraver la pollution atmosphérique. Un point de vue à nuancer sensiblement et ce, en fonction de la qualité de la combustion du bois.

En effet, le niveau de pollution émis par sa combustion dépend de plusieurs paramètres :

  • la performance intrinsèque de l’appareil de chauffage au bois,
  • son mode d’utilisation,
  • la qualité du combustible.

Lors d’une combustion complète, les émissions de polluants et de poussières sont très faibles : les fumées sont très majoritairement composées de vapeur d’eau et de CO2. Ce dernier gaz à effet de serre est totalement absorbé par la croissance de la forêt. En revanche, lors d’une combustion incomplète, un feu de bois émet une grande diversité de gaz (imbrûlés) et de nombreuses particules : c’est notamment le cas pour les feux de plein air, les foyers ouverts (les Cantous), ou les poêles/inserts d’ancienne conception. Les données ci-contre sont sans équivoque : un insert neuf Tableau combustion boispermet de réduire jusqu’à 30 fois les émissions d’un foyer ouvert. Les cuisinières et poêles modernes émettent 2 à 10 fois moins que les anciens. Les chaudières neuves génèrent jusqu’à 80 fois moins de polluants selon le type considéré.

Comment diminuer la pollution liée à la combustion du bois tout en promouvant cette énergie renouvelable ? Les marges de progrès pour les émissions polluantes sont significatives dans le parc d’appareil domestique : l’effort prioritaire est à mener auprès des particuliers usagers du chauffage au bois : en effet, près d’un foyer lotois sur deux utilise le bois comme mode de chauffage principal ou d’appoint. La consommation de bois par les particuliers est estimée à 47 kTEP* (source OREMIP*), alors que la consommation de bois par les entreprises et les collectivités du département est d’environ 3 kTEP. Malgré la performance des chaudières automatiques, la concentration d’émission provoquée par une chaufferie alimentant un réseau de chaleur, inquiète parfois les riverains. La plupart des installations collectives respectent pourtant la réglementation spécifique et nationale, elles sont correctement dimensionnées et bien conduites. Nous pouvons donc plus facilement maîtriser les impacts des pollutions résiduelles, si la mise en oeuvre des chaufferies à haut rendement que nous préconisons est couplée, (en plus de la substitution des chaudières fioul et gaz existantes) à un remplacement des foyers ouverts et des vieux poêles/inserts par des appareils performants, ainsi qu’à une modification des usages des appareils. Si la pollution de l’air associée à la combustion du bois est étroitement liée à l’efficacité des matériels, elle dépend également de la qualité du bois et de son régime d’utilisation : voir schéma ci dessous

*HAP: hydrocarbures aromatiques polycycliques

*CITEPA : Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique

*TEP : Tonne Equivalent Pétrole, unité de référence pour les bilans énergétiques

1 TEP = 11 600 kWh

* OREMIP : Observatoire Régional de l’Énergie en Midi-Pyrenées