box.jpgDeux mois et demi de production d’un réacteur nucléaire : voilà l’électricité qu’engloutissent chaque année les modems haut débit des Français, selon notre étude exclusive. A quand des "box" un peu plus écolos ?

Ces boîtiers se veulent le dernier cri de la technologie. Les box (Freebox, Livebox…) que fournissent les opérateurs haut débit à leurs abonnés permettent d’accéder à la fois à l’Internet rapide, au téléphone illimité et à la télévision par ADSL. Pourtant, en matière de consommation électrique, leurs performances sont d’un autre âge.

Pour la première fois, "60 millions de consommateurs" a mesuré la quantité d’énergie dont elles ont besoin. En cumulant la consommation en veille et en fonctionnement, nous pouvons affirmer qu’une box, avec son décodeur TV, engloutit entre 143 et 263 kilowattheures (kWh) sur un an, selon les modèles.
C’est loin d’être négligeable. Cela représente plus de la moitié de ce que consomme

un réfrigérateur-congélateur familial récent. Or, un réfrigérateur tourne à plein régime 24 h/24, et le "froid" est lui-même l’un des postes de consommation d’électricité spécifique les plus lourds pour les ménages.

Jusqu’à 29 € d’électricité par an

Dommage que, lorsqu’ils s’abonnent au haut débit, les internautes ne soient pas informés de cette consommation électrique. Car ce sont eux qui devront en supporter le coût, à travers une augmentation de leurs factures d’électricité : 16 à 29 € supplémentaires dans l’année, selon nos calculs. Les forfaits haut débit coûtant souvent 30 € par mois, la boulimie électrique des box revient à faire payer, dans certains cas, un treizième mois d’abonnement via la facture d’électricité.

Coûteuse pour l’abonné, la consommation électrique des box l’est aussi pour l’environnement. A l’échelle nationale, elles avalent 1,51 milliard de kWh par an, selon nos estimations. Cela représente presque deux mois et demi de production d’un réacteur nucléaire, rien que pour alimenter les box et permettre aux Français de surfer à grande vitesse.

Cette facture électrique va encore s’alourdir, compte tenu de l’évolution du taux d’équipement. Si rien ne change, en 2010, nous estimons qu’il faudra 2,66 milliards de kWh pour faire fonctionner les box, soit 4,3 mois de production d’un réacteur nucléaire.

Aussi gourmand en veille qu’en fonctionnement

Or, une partie de cette consommation serait évitable si les fabricants des box prenaient la peine d’optimiser leur matériel. Ce n’est pas le cas.
Que la box consomme une dizaine de watts lorsque la connexion Internet est sollicitée à son maximum, on peut le comprendre. Mais nos mesures révèlent qu’elle
a besoin de la même quantité d’énergie, ou presque, lorsque l’ordinateur est éteint. Certes, la box elle-même reste allumée, sous peine de couper la ligne de téléphonie par Internet qu’elle contrôle, mais quand même !

Le décodeur TV, lui, n’a pas l’excuse de devoir rester allumé pour la ligne téléphonique. Pourtant, il est aussi gourmand qu’il soit en fonctionnement ou non.
Il consomme 7 à 21 watts en veille, selon les modèles. Des montants étonnants quand on sait que les industriels de l’électronique sont capables de fabriquer des téléviseurs à écran plat de grande taille consommant moins de 1 watt en veille .

veille.jpg

Certains boîtiers n’ont même pas d’interrupteur !

D’autres constatations prouvent que les fabricants sont plus préoccupés d’ajouter
de nouvelles fonctions à leurs box que d’en réduire la consommation. Ainsi, la plupart des opérateurs n’ont même pas pris la peine de mettre un interrupteur on/off sur leur décodeur TV. Il serait pourtant bien utile, puisque la fonction veille est purement illusoire.

Même les transformateurs de ces appareils sont des champions du gaspillage. Déconnectés de la box ou du décodeur TV, mais restés branchés sur la prise électrique, certains d’entre eux continuent à pomper de l’énergie dans le vide !

Il faudra bien que les opérateurs se penchent un jour sur l’efficacité énergétique
des box. Sinon, haut débit continuera à rimer avec grand gâchis.

N’hésitez plus à débrancher vos « box » pendant que vous n‘etes pas là, il suffit d’installer une multiprise à interrupteur sur votre poste « informatique ».