Publié le 27/04/2014 à 03:50 | Publié le 27/04/2014 à 03:50

L'architecte Boris Burzio près des larges fenêtres oscillo-batantes./Photo DDM, N.P.

Élus et collectivités ont visité mardi la première école de la région Midi-Pyrénées construite en paille. La Dépêche du Midi a pu observer ce nouvel équipement qui se veut «exemplaire», tant dans la performance énergétique que dans l'usage. Livrée fin juin, l'école accueillera les primaires dans deux classes en septembre.

Souvenez-vous : d'après l'histoire des trois petits cochons, seul un individu qui a construit une base solide peut résister aux aléas de la vie. Les maisons en paille et en brindille plient sous le souffle du loup tandis que celle en briques ne bouge pas d'un iota. Pourtant, à Saint-Paul-de-Loubressac, on en sourit de ce conte pour enfants. Boris Burzio, l'architecte, est le premier. «Le loup est rentré dans la maison en briques mais il est mort de froid.» Rires dans la salle de la mairie, mardi, où a été détaillée devant Sylvie Meisse, inspectrice de l'Éducation nationale de la circonscription «Cahors 2», élus et collectivités la nouvelle école… en paille.

Cette structure, la première en Midi-Pyrénées, comptera deux classes et sera livrée en juin pour une rentrée scolaire forcément inédite. Déjà, les inquiétudes ont été balayées par Boris Burzio. Qui du feu ?
«Les bottes ne sont consumées qu'en surface. Un projet mené à Issy-les-Moulineaux en juillet 2009 le démontre. Cela laisse le temps de sortir et de sauver des vies humaines.» Et l'eau ? «Heureusement, il existe une invention qui s'appelle le toit.» Enfin, les rongeurs ? «Il n'y a plus de grains dans la paille et puis les bottes sont tellement compressées qu'il ne peut y avoir de rongeurs.» Mais au fait, d'où provient la paille ? Cyril Natali, du Poislay dans Le Loir-et-Cher, a la réponse : de la Beauce et du Berry. «Ce sont 70 000 tonnes de paille par an qui sont broyées, brûlées. On la récupère. Pour l'école, il a fallu une vingtaine de tonnes.»


Réflexion avec les enseignants

Primé en 2011 sous l'étiquette «Bâtiments économes de qualité environnementale en Midi-Pyrénées», avec le soutien de l'Ademe et de la région Midi-Pyrénées, ce qui n'était alors qu'un projet en phase d'études est désormais perceptible (1). L'extension de l'école élémentaire, soit 185 m² neufs pour les deux classes, un bureau enseignant et des toilettes, a mobilisé intellectuellement le corps enseignant certifie le maire Claude Pouget (2). «Les enseignants ont été impliqués dans la réflexion. Ils n'ont pas fait que le choix des carrelages mais également celui des plans.» Julien Caillé, chargé à Quercy Énergies d'une mission Conseil en énergie partagée auprès des collectivités, confie : «Cette école est un bâtiment exemplaire. En tant que tel, il sera plus compliqué de la faire fermer.»
Facile à chauffer, sain à habiter, les enfants vont avoir du mal à quitter leur lieu d'apprentissage.

(1) Le dossier a été bouclé en 2009 par l'ancien maire Jacques Périé
(2) L'école existante pourra servir de local à sommeil


«Pas que l'aspect énergétique»

L'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) était représentée par Nathalie Gonthiez, chargée de mission sur l'énergie dans le bâtiment à l'Ademe Midi-Pyrénées. Selon elle, le prix remis en 2011 ne valorise pas «que l'aspect énergétique. Il y a aussi une démarche environnementale globale.»
En tout cas, preuve de la solidité du matériau : la plus ancienne maison en paille qui date de 1921 et qui se trouve à Montargis est encore debout.

Nicolas Perrin