Publié le 28/01/2014 à 07:49 | La Dépêche du Midi

La caméra est braquée vers les bâtiments de la ville et détecte des déperditions énergétiques./Photo, J.-L.G.

 

La chaleur doit s’apprivoiser pour ne pas se disperser. C’est le sens de l’exercice conduit en pleine nuit et en pleine ville par des spécialistes de l’analyse thermique. Explications…

Caméra thermique au poing, l’œil rivé sur un écran où s’affichent valeurs et couleurs, les chasseurs de chaleur traquent les sources chaudes et les déperditions énergétiques sur les bâtiments récents ou anciens.

Le succès de la mission nocturne dont se sont acquittés les experts de l’agence Quercy énergies, vendredi soir à Cahors, dépendait de la température extérieure. En effet, leur meilleur allié c’est le froid afin de pouvoir mieux mesurer les écarts de températures.

Les défauts d’isolation, les postes de chauffage mal utilisés, les espaces mal exploités peuvent absorber la moitié de l’énergie consommée… et donc facturée. «La déperdition thermique est un phénomène invisible à l’œil nu. La caméra utilisée convertit le rayonnement infrarouge en signaux électriques visibles par l’œil humain. La thermographie est donc l’image de la diffusion de la température d’un corps solide», ont expliqué aux participants à l’exercice Christophe Damay et Mathias Autesserre, qui agissaient pour le compte de Quercy énergies.

Des tests révélateurs

Un premier test à la sortie de l’hôtel de ville, après une séance d’explications, a démontré de faibles mais réelles déperditions énergétiques sur des bâtiments et des locaux commerciaux.

Le petit groupe s’est ensuite dirigé vers les bureaux de la direction du patrimoine pour une analyse en intérieur, avec les mêmes conclusions, pas accablantes certes, mais qui inspirent une réflexion et la prise en compte de l’intérêt d’une telle démarche pour les propriétaires d’un bien immobilier.

Des aides sont accordées pour la rénovation (lire notre encadré). La ville désire également augmenter les qualités énergétiques du bâti historique et des quartiers anciens. L’étude de restructuration de l’îlot Chico Mendes n’occulte pas cet aspect. La caméra, elle, poursuit ses investigations. Soudain, l’écran s’anime. Aucune fissure sur ce mur pourtant. Aucun appareil électrique. Un fantôme alors ? Brrr… cette source de chaleur fait froid dans le dos.


Le chiffre : 6 00

euros > Coût d’un diagnostic. C’est le prix d’une étude thermographique pour l’habitat d’un particulier.


Des aides pour rénover l'habitat

Le dispositif d’aide à la rénovation des logements des propriétaires occupants et des bailleurs, proposé par le Grand Cahors et l’Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat), permet d’obtenir des subventions non négligeables, afin d’entamer des travaux permettant de réaliser des économies d’énergie, entre autres objectifs. 85 familles ont ainsi été subventionnées à Cahors.

50 dossiers sont en cours. Pour savoir s’il est éligible à une aide financière, le propriétaire intéressé peut contacter l’équipe d’Urbanis, missionnée par le Grand Cahors, au 05 62 21 46 65.

Jean-Luc Garcia